Fin Décembre ! Sandaga, Petersen et Colobane se transforment en théâtres à ciel ouvert. Entre les étals multicolores et les négociations épiques, une faune particulière émerge. Voici votre guide de survie pour identifier les espèces qui peuplent nos marchés de Noël.
C’est lui qui te vend un sapin artificiel de 80cm à 50 000 FCFA en te jurant que “c’est du vrai de France”. Sourire de vendeur de voitures d’occasion, il a transformé son étal en Galeries Lafayette version tropicale. Sa spécialité ? Te convaincre que ses guirlandes made in China sont du “haut de gamme européen”.
Elle débarque avec sa liste longue comme le bras et son sac cabas qui défie les lois de la physique. Objectif : 15 kg d’oignons, frites, 3 moutons pour Noël (oui, oui), des boubous pour toute la famille élargie jusqu’aux cousins du village. Elle négocie en gros et fait trembler les commerçants.
Lunettes de soleil sur la tête, iPhone à la main, elle parcourt Sandaga à la recherche de la déco parfaite pour son feed. Elle photographie tout, négocie mollement (papa payera), et cherche désespérément des décorations “aesthetic”,”minimalistic”, dans un marché où tout brille déjà de mille feux.
23 décembre, 18h. Elle vient de réaliser qu’elle a oublié les cadeaux pour les jumeaux. Sueur au front, téléphone qui sonne toutes les 2 minutes, elle court partout en demandant “Vous avez quelque chose pour des enfants de 8 ans ?” Spoiler : mêmes des émeutes n’ont pu l‘arrêter !
Celui-ci a fait ses classes dans les ruelles de Colobane, les souks de Marrakech et les marchés de Bangkok. Il arrive avec sa technique rodée : commencer à 500 FCFA pour un article affiché à 10 000, partir trois fois, revenir, faire semblant de pleurer sa situation financière. Respect.
Il convertit tout en riz, mesure chaque dépense à l’aune du prix du pain. “25 000 FCFA pour des guirlandes ? Avec ça j’achète 50 baguettes !” Il finit toujours par acheter le strict minimum mais négocie pendant 1h pour économiser 200 FCFA.
Reconnaissable à ses lunettes de soleil et ses claquettes Quechua, il découvre l’art ancestral du “prix toubab”. Il accepte tous les prix sans broncher, achète des “souvenirs authentiques” fabriqués en série et repart ravi de son “expérience culturelle immersive”.
La prochaine fois que vous traînez dans nos marchés de Noël, amusez-vous à repérer ces personnages. Et souvenez-vous : entre deux palabres sur le prix de telle ou telle marchandise, la gentillesse sénégalaise vous fait passer un bon moment !


